C’est à l’occasion du festival Zoofest que Philippe-Audrey Larrue St-Jacques, présente son tout premier one man show,  Hélas, ce n’est qu’un spectacle d’humour.

À notre entrée dans la salle du Monument National, le jeune humoriste est déjà présent sur scène. Sans interagir avec la foule, il est installé dans son fauteuil Chesterfield en train de lire Nelligan, tout simplement éclairé d’une lampe de banquier. Vêtu d’un chic habit veston-cravate, le public comprend immédiatement que Philippe-Audrey compte nous amener dans son univers dit aristocratique.

De l’humour élitiste pour le grand public

L’acteur et humoriste nous présente effectivement son univers élitiste, racontant notamment son enfance bercée par la littérature de Foucault, de Camus et la poésie d’Émile Nelligan.

C’est avec une fausse condescendance qu’il s’adresse à la foule en demandant s’il y a des hommes qui s’appellent Steve dans la salle. Devant l’absence de réponse positive, Philippe-Audrey répond : Parfait, on est entre gens cultivés. Le ton était alors lancé pour l’heure de spectacle à venir.

Même s’il aborde plusieurs sujets intellectuels, ses gags restent toujours accessibles et amusants pour le grand public. Nul besoin d’avoir fait les meilleures écoles pour apprécier l’humour du personnage issu de la bourgeoisie que se plaît à jouer le jeune humoriste.

L’humour au travers des déceptions

Hélas, ce n’est qu’un spectacle d’humour relate les différentes déceptions qui ont marqué la vie du comédien de l’émission Like Moi.

Il raconte ses échecs amoureux causés par  son intérêt prononcé pour l’art des siècles derniers: « Quand je cite du Nelligan, c’est normalement là que la fille arrête de répondre à mes textos».

De plus, il raconte l’isolement que ses intérêts particuliers lui ont causé dans sa jeunesse : «Je ne sais pas comment ça se passait dans votre école primaire, mais dans la mienne, les enfants qui parlaient d’existentialisme étaient rarement invités aux anniversaires tenus au restaurant du Zellers».

Philippe-Audrey aborde également ses déceptions quant à sa formation en théâtre au Conservatoire d’art dramatique de Montréal, l’école qui, selon lui, forme 90% des employés de la restauration de l’île de Montréal.

Il parle de ses souvenirs d’enfance, de son rapport à son image corporelle, de la tâche invraisemblable qui lui a été imposée lors d’un vol en avion.

En somme, il touche une foule de sujets différents, toujours sur le thème de l’échec et de la déception, sans jamais semer la confusion. On le sent en parfait contrôle de ses textes et plutôt à l’aise sur scène.

Acteur et humoriste

Philippe-Audrey Larrue St-Jacques est un humoriste prodigieusement polyvalent. Il nous a surpris par quelques imitations, son ton toujours impeccable et son jeu plurivalent.

Il a peut-être été déçu de son expérience au Conservatoire d’art dramatique, mais on sent fortement que les enseignements reçus ont porté fruits.

La salle était pleine à craquer, les rires n’ont pas cessé durant les 60 minutes du spectacle. Je n’avais jamais vu une ovation debout aussi longue et aussi forte pour un spectacle d’humour.

C’est un Philippe-Audrey, visiblement très ému, qui a remercié son public et qui semblait surpris d’une telle réponse. Plutôt modeste, au final, ce sympathique humoriste.

Ce qui est touchant et franchement charmant, c’est que l’humoriste a une sensibilité franche à la réponse du public. Celui qui craint de ne pas être à la hauteur peut assurément dormir la tête tranquille. Il a clairement démontré qu’il a sa place, bien au chaud, sur la scène de l’humour.

Le spectacle à voir cet été

C’est peut-être, hélas, qu’un spectacle d’humour, mais il est de ceux qu’il ne faut absolument pas manquer. On s’attendait déjà à une excellente prestation de la part de Philippe-Audrey. Il a agréablement surpris son public pour qui il a largement dépassé les attentes.

Hélas, ce n’est qu’un spectacle d’humour – Philippe-Audrey Larrue St-Jacques

Présenté au Monument National les 15-23-25-26 et 27 juillet

Pour vous procurer des billets, visitez le www.zoofest.com