Tôt un matin de février 2002, un adolescent se pose la question « Pourquoi je me lève le matin? ». Tout part de cette quête existentielle sur laquelle repose la pièce Assoiffés de Wajdi Mouawad, mise en scène de façon ingénieuse par Benoît Vermeulen. Une création présentée au théâtre Denise-Pelletier jusqu’au 25 février.

Réalité… Rêves… Illusions… Tragédie… et un brin d’humour, sont les ingrédients de cette pièce qui jette un regard révélateur et troublant sur l’adolescence. Trois personnages sur scène, Murdoch (Philippe Thibault-Denis), Norvège (Rachel Graton) et Boon (Francis La Haye) conduisent les spectateurs vers cette période de la vie empreinte de questionnements. Qu’est-ce que la vie à offrir?

Assoiffés raconte l’histoire d’une enquête sur l’énigme de deux personnes noyées il y a 15 ans et retrouvées enlacées.

Par le truchement de l’histoire de Murdoch, un adolescent qui crie haut et fort son mal de vivre, et de celle de Norvège, une jeune femme, refermée sur elle-même, l’anthropologue judiciaire Boon se rappelle son adolescence, les ambitions qu’il a abandonnées et les regrets qui l’étreignent.

Des instruments de musique, qui servent de voix intérieures, et un cube de bois d’environ deux mètres, qui devient écran de projection ou encore lieu où s’enferme Norvège pour s’isoler du reste du monde, s’avèrent efficaces. À ces éléments, s’ajoutent les masques que portent les personnages adultes qui posent constamment la même question aux ados : « Alors, l’école ça va? ».

Chez les adolescents!

Par les expressions et le ton vigoureux de Murdoch, la gestuelle et l’énergique présence sur scène des jeunes comédiens, on reconnaît immédiatement l’univers des teenagers. Assoiffés est un travail de deux hommes de théâtre Wajda Mouawad et Benoît Vermeulen qui ont su créer admirablement cette ambiance.

« J’aime jouer sur la structure narrative, construire le spectacle avec l’auteur », écrit Benoît Vermeulen metteur en scène et co-directeur artistique de l’équipe Théâtre Le Clou.

Assoiffés est une pièce qui s’adresse aux adolescents, mais qui fera écho à coup sûr auprès des adultes qui ont gardé un p’tit fond de teenager en eux.

Crédit photo : Jean-Charles Labarre