C’est le printemps et il y a de l’amour dans l’air au TNM qui présente en ce moment Le jeu de l’amour et du hasard. Des quiproquos amoureux et des chassés-croisés qui nous amusent joliment. Voici 5 bonnes raisons de s’y rendre pour passer une excellente soirée!

Avant de vous décrire pourquoi j’ai aimé Le jeu de l’amour et du hasard, commençons par l’histoire de cette pièce de Marivaux, qui a été présentée à Paris en 1730. On remonte à près de 3 siècles… Les temps ont changé, me direz-vous, oui pour la forme mais pas pour le fond quand il s’agit d’amour.

Histoire d’imbroglios amoureux

Tout commence lorsqu’Orgon (Henri Chassé) et son ami organisent une union de convenance entre Dorante (David Savard) et Sylvia (Bénédicte Décary). Tous issus de la noblesse.

Les deux jeunes concernées ne veulent pas se marier à l’aveuglette… Ils veulent plutôt savoir qui est l’autre avant de s’unir.

Sans en parler à l’autre, chacun de son côté échange son personnage avec son subalterne . Dorante demande à son valet Arlequin (Marc Beaupré) de prendre sa place, alors que Sylvia demande la même chose à sa servante Lisette (Catherine Trudeau). Cette supercherie se jouera sous les yeux amusés du frère de Sylvia, Mario (Philippe Thibault-Denis).

Cinq bonnes raisons de voir cette pièce

1 – Parce que ce classique est léger et que ça fait du bien!

Le jeu de l’amour et du hasard est une pièce légère, divertissante et agréable. Il faut évidemment adhérer aux situations remplies de quiproquos, de petits jeux de manipulations ainsi qu’aux phrases aux formules un peu ampoulées. Les répliques de Silvia, Lisette, Dorante et Arlequin m’ont toutefois fait sourire plusieurs fois.

La satire sociale est présente mais reste toutefois assez légère. Bien avant son temps, Marivaux traite de la libération des femmes qui veulent choisir leurs maris, par des réflexions bien d’aujourd’hui, et de l’évolution des relations maître/valet par des réparties bien savoureuses des domestiques. Le sentiment l’emporte sur la raison.

2 – Parce que les rebondissements sont hyper amusants

L’échange des costumes, qui va de pair avec celui des conditions sociales, transforme les duos maître/valet et maîtresse/servante en un quatuor endiablé.

Chacun croit s’adresser à une personne d’une classe différente de la sienne, et seuls les spectateurs savent à quel point ces couples sont bien assortis.

Des quatre personnages, ce sont les valets qui se donnent le plus de mal pour être à la hauteur de leur métamorphose sociale.

En s’appliquant à imiter les belles manières du grand monde et son langage galant, le valet et la servante offrent une savoureuse parodie. Au comique des mots se joignent des situations cocasses. C’est vraiment amusant!

3- Parce que le jeu des comédiens est remarquable

Avec beaucoup d’humour, clins d’œil, mimiques, prouesses et quiproquos, les six comédiens réussissent un tour de force. Mais ma plus grande surprise a été le jeu de Catherine Trudeau (alias « Lyne la pas fine » dans l’émission Les Invincibles) et celui de Marc Beaupré (dans le rôle de Marc Arcand dans l’émission Série noire).

Leurs gestes, leurs déplacements et la tonalité de leurs voix soutiennent bien les textes. Ils nous en mettent plein la vue!

4 – Parce que le décor est poétiquement adapté à la situation

La pièce se déroule entièrement dans un jardin d’Éden, signé Jean Bard. C’est charmant! Le jardin provincial avec un bassin d’eau au centre, le chant des oiseaux, le ciel bleu – éléments organiques de l’amour – sont présents sur scène. Cette ambiance romantique crée un appui efficace au jeu remarquable des comédiens.

5 – Parce que la première mise en scène d’Alain Zouvi est réussie

Après 35 ans comme comédien au théâtre, Alain Zouvi a accroché ses patins, pour mettre le chapeau de metteur en scène.

Pour sa première expérience, il a choisi Le jeu de l’amour et du hasard de Marivaux dans laquelle son père Jacques Zouvi a joué le rôle d’Arlequin en 1969. Vingt ans plus tard, en 1989, il jouait le même rôle. Il a fait un choix heureux pour nous, spectateurs!

Je ne sais pas vraiment pourquoi mais une image m’est venue à l’esprit durant Le jeu de l’amour et hasard. La pièce m’a fait penser à un appétissant cup cake avec son glaçage coloré.

C’est sucré, léger et on le déguste avec grand plaisir. C’est peut-être à cause des costumes, du décor ou de la gestuelle qui nous rappelle un ballet minutieusement agencé.

Si vous avez envie de passer des moments savoureux et aimez les comédies, vous allez vous régaler!

La pièce est à l’affiche au TNM jusqu’au 20 mai.

Crédit-photos: Yves Renaud