À quelques mois de son 350e anniversaire, l’une des pièces cultes de Molière reprend l’affiche. Après si longtemps, on pourrait se demander si L’Avare est toujours d’actualité. L’adaptation contemporaine de Claude Poissant prouve que cette œuvre a su traverser le temps.

Harpagon, un veuf pingre, n’a qu’un seul amour : sa précieuse cassette. Néanmoins, il souhaite épouser la jeune Marianne pour égayer ses vieux jours. À ses enfants, Cléante et Elise, il destine de riches prétendants dans le but de faire grossir ses coffres. Avec l’aide de Rosine, ceux-ci useront de ruses pour empêcher ces mariages forcés.

L’Avare de Molière en québécois?

Monter un classique où les acteurs gardent leur accent plutôt que de jouer dans la langue normative était un désir de longue date du metteur en scène. C’est maintenant chose faite. D’ailleurs, le fait que cette pièce ait été écrite en prose s’y prête bien.

Là ne s’arrête pas l’adaptation. Les costumes ont eux aussi été mis au goût du jour. Les hauts‑de‑chausses et les justaucorps de l’époque de Molière ont été remplacés par des habits plus modernes. Le costume rayé taillé par Vincent Pastena pour Harpagon illustre parfaitement l’avarice et le mauvais goût caractéristiques du personnage.

La scénographie aussi est différente de ce à quoi on s’attendrait normalement. La pièce ouvre sur un mur gris avec une ouverture de laquelle sortent les personnages. Puis, ce mur est retiré et l’on découvre une pile de boîtes dorées représentant de façon métaphorique la célèbre cassette d’Harpagon.

Un Harpagon qui passera à l’histoire

Cette pièce a été montée de très nombreuses fois depuis sa création. Il est donc facile de tomber dans la comparaison. Gaston Lepage, Luc Durand et Luc Guérin figurent au nombre des comédiens qui ont interprété le rôle principal. Cette fois, c’est Jean-François Casabonne qui donne vie au détestable chef de famille. Sa démarche, sa gestuelle et son expression dure traduisent parfaitement la manipulation, le cynisme et le mépris qui caractérisent le personnage.

L’Avare est à l’affiche du Théâtre Denise-Pelletier jusqu’au 8 avril. Avec Simon Beaulé-Bulman, Jean‑François Casabonne, Samuel Côté, Sylvie Drapeau, Laetitia Isambert, Jean-Philippe Perras, Bruno Piccolo, François Ruel-Côté, Gabriel Szabo et Cynthia Wu-Maheux.

Crédit-photos: Gunther Gamper